Lot 6 — Défense
Connaître ses institutions,
à son rythme
Un jeune de vingt ans peut n'être jamais entré dans une mairie, un tribunal, un hôpital ou une caserne autrement qu'en usager. Il votera pourtant sur ce qui s'y décide.
Cette page est une offre de référence. Sur la page d'accueil, un électeur a écrit ce qu'il attend d'un candidat en matière de défense et de formation civique. Il montre ici qu'un citoyen seul, sans administration ni cabinet, peut atteindre le niveau qu'il exige des autres.
Ce n'est donc pas un programme, et ce n'est pas une exigence : c'est une démonstration. Toute proposition atteignant le même résultat par un autre moyen est recevable. Toute proposition l'atteignant mieux l'emporte.
Le SFU détaillé
Service de formation universel. Quatre mois pour découvrir de l'intérieur les institutions qui font tenir le pays.
Le but est simple. Chaque jeune doit avoir vu comment un service d'urgence trie, comment une école accueille, comment une mairie décide, comment une unité s'entraîne. Il en sort avec une orientation possible et des compétences utiles en cas de crise.
Le SFU remplace le service national universel. Il devient universel à terme, au fil d'une montée en puissance de cinq ans.
Pour qui
Tous les jeunes Français, de seize à vingt-cinq ans. Seule l'inaptitude physique totale, certifiée par un médecin, dispense du parcours. Toutes les autres situations se traitent par le report, le fractionnement ou l'étalement.
C'est la condition pour que le dispositif tienne. Un service universel qui admet des exemptions n'est plus universel.
La journée défense et citoyenneté est maintenue
Elle suit le recensement et elle existe déjà. Elle devient le point d'entrée du SFU. C'est là que le parcours est présenté, que le découpage est choisi et que la convocation s'organise.
Le fondement juridique
L'article 34 de la Constitution autorise la loi à organiser un service national obligatoire. Le service militaire d'avant 1997 en est le précédent.
Sur le grief de travail forcé, la Convention européenne des droits de l'homme exclut de sa définition les obligations civiques normales. Un parcours de formation encadré et indemnisé, qui ne remplace aucun emploi, relève de cette catégorie. L'argument se construit dès l'exposé des motifs.
Comment ça fonctionne
Le SFU se décompose en quatre périodes de quatre semaines. Deux pour la partie civile, deux pour la partie opérationnelle.
Dans chaque partie, la première période est faite de semaines de découverte : une semaine par domaine, pour voir avant de choisir. La seconde est un mois d'engagement dans le domaine choisi.
découverte civile 1 mois
institution 4 semaines
découverte armées 1 mois
armée
Solde indicative de 500 à 800 € par mois, alignée sur celle de l'engagé volontaire en début de service. Hébergement, restauration, transport et équipement pris en charge par l'État. Un encadrant pour quinze à vingt appelés au minimum.
La partie civile
Quatre semaines de stage, une dans chaque institution. Puis un mois dans celle que le jeune choisit.
Santé et accompagnement des personnes
Comment on trie une urgence, comment on accompagne une fin de vie, ce qu'est un service de nuit. Appui logistique, brancardage, accompagnement. Jamais d'acte de soin.
Hôpitaux, EHPAD, centres médico-sociaux, services départementaux de santé, aide à domicileÉcole
Une journée de classe vue depuis l'autre côté du bureau. Comment un établissement fonctionne, ce que demande l'accompagnement d'un élève en difficulté. Appui périscolaire, aide aux devoirs, médiation.
Écoles, collèges, lycées, centres de formation d'apprentis, services périscolairesÉtat — sécurité, secours et justice
La chaîne complète, de l'appel au jugement. Le COD départemental sert de pivot : c'est le même réseau qui accueille les appelés, du centre de coordination au bureau judiciaire. Appui et observation, jamais de mission opérationnelle.
COD, commissariats, brigades, SDIS, BJP, tribunaux, greffesTerritoire
Qui décide quoi, et avec quel argent. La commune, le département, les services de l'État sur place, et les associations qui prennent le relais. Accueil du public, instruction de dossiers, numérisation.
Mairies, conseil départemental, préfecture, services déconcentrés, associations conventionnéesPas de main-d'œuvre déguisée
Les appelés sont encadrés par des professionnels en poste. Ils ne remplacent aucun personnel titulaire. Convention d'accueil écrite, missions définies à l'avance, capacité d'accueil vérifiée.
C'est la ligne rouge du dispositif. Une administration qui comblerait un sous-effectif avec des appelés détruirait en un an la légitimité du SFU.
La partie opérationnelle
Le mot « opérationnelle » est préféré à « militaire ». Il ne s'agit pas de préparer au combat, mais de découvrir les armées de l'intérieur et d'acquérir des gestes utiles en cas de crise.
La semaine de secours
Elle ouvre la partie opérationnelle, et tout le monde en sort avec un diplôme. Gestes de premiers secours, travail en équipe, triage, montage d'un poste de secours de fortune.
PSC1 pour ceux qui ne l'ont pas. Le niveau supérieur pour ceux qui le détiennent déjà. C'est une formation transversale : elle n'ouvre pas de mois d'engagement, mais elle forme près de huit cent mille personnes par génération.
Le PSE2 se prépare après le PSE1, qui suit lui-même le PSC1. Un appelé déjà titulaire du PSC1 passe donc le PSE1 pendant sa semaine, et le PSE2 reste accessible ensuite par la réserve ou l'engagement associatif.
Trois semaines dans les armées
Marine nationale
Embarquement sur bâtiment à Brest, Toulon ou Cherbourg. Hébergement à bord à quai ou en base navale. Une nuit en mer si la disponibilité le permet.
Armée de Terre
Immersion en unité d'infanterie ou du génie. Vie en caserne, exercices, présentation des spécialités.
Armée de l'Air et de l'Espace
Immersion sur base aérienne ou au commandement cyber. Capacités aériennes, spatiales et cyber.
Puis le mois d'engagement
Dans l'une des trois armées, au choix de l'appelé. Sous réserve de la capacité d'accueil. Non fractionnable.
Les cas particuliers
Quatre périodes dans tous les cas. Un jeune qui sait déjà où il veut aller transforme ses semaines de découverte en temps d'engagement.
découverte civile 1 mois
institution 4 semaines
découverte armées 1 mois
armée
découverte armées 1 mois
armée
Les deux sens fonctionnent
Les frises montrent la version civile. L'inverse est possible dans chaque cas. Un jeune qui vise la gendarmerie fait ses quatre mois en armée, ou ses deux mois en armée plus la découverte civile complète.
Exemple du cas mixte. Quelqu'un qui veut travailler à l'hôpital y passe deux mois d'affilée. Il garde ensuite ses quatre semaines de découverte des armées, puis son mois d'engagement dans celle qu'il choisit.
Le passage à un cas particulier est validé par le COD départemental, et par le ministère concerné quand l'engagement porte sur une filière — santé, justice, ingénierie de défense. Le parcours normal reste le choix par défaut.
Quand, où, à quel rythme
Les semaines en été, les mois quand le parcours le permet, l'ensemble achevé avant vingt-cinq ans.
La fenêtre estivale
Les semaines de découverte sont programmées entre juin et septembre. Deux raisons. L'interférence avec la scolarité ou l'emploi reste limitée. Et une même infrastructure accueille plusieurs rotations : une caserne, un hôpital ou un tribunal reçoivent quatre à huit groupes sur deux mois d'été.
La répartition territoriale est arbitrée par quotas, pour éviter la concentration sur les zones les plus attractives.
L'étalement sur neuf ans
Rien n'oblige à tout faire d'un coup. Les semaines se répartissent sur plusieurs étés. Les mois se placent quand la scolarité, les études ou l'emploi le permettent.
Leur date est fixée d'un commun accord entre le jeune, son établissement ou son employeur, et la structure d'accueil. La seule contrainte est d'avoir terminé avant vingt-cinq ans.
| Année | Appelés | Encadrants | Coût estimatif |
|---|---|---|---|
| Année 1 | 50 000 | 2 500 – 3 300 | 0,3 – 0,4 Mds€ |
| Année 2 | 150 000 | 7 500 – 10 000 | 1,0 – 1,2 Mds€ |
| Année 3 | 300 000 | 15 000 – 20 000 | 2,0 – 2,4 Mds€ |
| Année 4 | 500 000 | 25 000 – 33 000 | 3,3 – 4,0 Mds€ |
| Année 5, plein régime | 750 000 | 37 500 – 50 000 | 5,0 – 6,0 Mds€ |
La logistique passe devant le flux
C'est la condition qui prime sur toutes les autres. Plusieurs centaines de sites militaires actifs ou sous-utilisés existent. Leur réhabilitation démarre en année 1 pour être prête en année 3.
Un dispositif universel lancé avant que les capacités suivent produirait l'inverse de son objet : une expérience bâclée, et une génération fâchée avec ses institutions.
Ce que ça ouvre, ce que ça coûte, ce que ça ne change pas
La passerelle
Le SFU n'est pas un concours. Il ne donne aucun droit automatique de recrutement. C'est un signal reconnu par les recruteurs.
Une fiche individuelle est établie en fin de parcours : aptitudes constatées, certifications obtenues, résultats des évaluations physiques. Elle est transmise aux filières que le jeune a identifiées. La partie civile est valorisée comme expérience professionnelle dans les candidatures à la fonction publique correspondante.
À terme, et pour les nouvelles recrues seulement, le SFU devient un prérequis d'accès aux concours de l'armée de Terre, de la Marine, de l'armée de l'Air et de l'Espace, de la Gendarmerie, de la Police nationale et des sapeurs-pompiers professionnels. La disposition n'est pas rétroactive.
Le pilotage
| Armées | Partie opérationnelle — hébergement, équipement, encadrement |
|---|---|
| Intérieur | Partie civile État — coordination préfectorale par les COD |
| Justice | Cadre juridique des conventions d'accueil |
| Santé et solidarités | Conditions d'accueil des mineurs et jeunes majeurs en milieu de soin |
| Éducation nationale | Partie civile école, articulation avec la scolarité, fenêtre estivale |
| Collectivités | Communes, intercommunalités, départements, associations conventionnées |
Une structure de pilotage interministérielle définit les places ouvertes par institution et par armée, harmonise les contenus et arbitre les conflits de capacité. Elle est nécessaire dès l'année 1.
Le coût, à plein régime
| Solde des appelés | 1,8 à 2,4 Mds€ |
|---|---|
| Hébergement, restauration, transport | 1,5 à 2,0 Mds€ |
| Équipement individuel | 0,3 à 0,5 Mds€ |
| Encadrement | 1,0 à 1,5 Mds€ |
| Infrastructure, sur cinq ans | 0,2 à 0,4 Mds€ |
| Total | 5,0 à 6,0 Mds€ par an |
Honnêteté budgétaire
Soit environ 10 à 12 % du budget annuel actuel de la défense. Ce coût s'ajoute à la trajectoire de la loi de programmation militaire. Il ne s'y substitue pas.
L'estimation repose sur deux hypothèses fortes. Une solde alignée sur celle de l'engagé volontaire en début de service. Et une réutilisation maximale des infrastructures existantes. Si l'État devait construire des sites permanents, l'investissement serait supplémentaire et n'est pas chiffré ici. Une validation par la Cour des comptes est requise avant tout engagement.
Ce qui ne change pas
| Alliance atlantique | La France reste membre à part entière, dans le commandement intégré. Obligations de l'article 5 pleinement respectées. |
|---|---|
| Défense européenne | Coopérations bilatérales, PESCO et Fonds européen de défense maintenus. Opposition constante à un commandement militaire supranational unifié. |
| Dissuasion nucléaire | Strictement souveraine, sous l'autorité exclusive du président de la République. Budget maintenu, de l'ordre de 5,6 Mds€ par an. Aucun changement de doctrine. |
| Condition militaire | Logement, retraite militaire, Défense Mobilité maintenus. La rénovation des hébergements prévue par la LPM est poursuivie. |
| Budget de la défense | Trajectoire LPM 2024-2030 intégralement conservée — 413 Mds€ sur la période. |
Universel pour chacun. Modulaire selon les parcours. Civique avant d'être militaire.